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Ip Man

yipMan

Biographie

Yip Kai-man (son nom de naissance) est né le 6 novembre 1893 dans le quartier Sanghuan (桑园), à Foshan (sud-est de la Chine), dans le clan Yip (葉) de l’ethnie hakka. Il a pour parents Yip Oi-dor et Ng Shui.‬ ‪Il a grandi dans une famille aisée de commerçants, et a reçu une éducation traditionnelle chinoise empreinte des préceptes du confucianisme. Son frère aîné est Ip Kai-Gak, sa sœur aînée Ip Wan-mei et sa jeune sœur Ip Wan-Hum.

Jeunesse
‪Yip man débuta l’apprentissage du wing chun à 9 ans ou 13 ans, auprès de Chan Wah-shun, qui résidait dans le temple du clan, au centre de la propriété familiale. Yip man fut le dernier élève du maître, celui-ci l’ayant accepté à l’âge de 70 ans.‬ ‪En raison de la vieillesse de son maître, Yip man pratiqua essentiellement auprès de Ng Chung-sok (second plus ancien disciple) et Lui Yu-chai.‬ ‪Chan mourut trois ans après le début de la formation de Yip man. Dans ses dernières volontés, il aurait invité Ng à continuer son enseignement auprès de Yip man.‬

‪À 15 ans, Yip man déménagea à Hong Kong, avec l’aide d’un parent, Leung Fut-ting.‬ ‪Un an plus tard, il fréquenta le St. Stephen’s College, une école secondaire pour les familles aisées et les étrangers vivant à Hong Kong.‬ ‪Lors d’un incident durant sa période d’études, Yip man intervint après avoir vu un agent de police étranger battre une femme.‬ ‪L’agent tenta d’attaquer Yip man, mais Yip man le terrassa, puis s’enfuit à l’école avec son camarade de classe.‬ ‪Plus tard, son camarade confiera cet évènement à un vieil homme vivant dans son immeuble.‬ ‪Yip man fut ainsi invité à rencontrer cet homme, Leung Bik, fils de Leung Jan (maître de Chan Wah-shun). Dans un échange d’assauts amicaux, Yip man se fit terrasser. Il continua par la suite à apprendre le wing chun, auprès de Leung Bik, découvrant notamment l’art du Dragon pole (bâton long) et des techniques de déplacements plus sophistiquées.

A 24 ans, Yip man retourne à Foshan. Il rejoindra l’armée durant la guerre, puis occupera pendant quelques années les fonctions de capitaine des patrouilles de police de Foshan.‬ ‪Il enseigne le wing chun à plusieurs de ses subordonnés, parents et amis, sans ouvrir d’école d’arts martiaux.‬ ‪Certains de ses élèves les plus connus sont Lok Yiu, Chow Kwong-yue (周光裕), Kwok Fu (郭富), Lun Kah (伦佳), Chan Chi-sun (陈志新) et Lui Ying (吕应).‬ ‪Parmi eux, Chow Kwong-yue était considéré comme le meilleur, mais il s’est finalement consacré au commerce et a cessé de pratiquer les arts martiaux. Kwok Fu et Lun Kah continuèrent à enseigner par la suite. L’art du wing chun actuel dans la région de Foshan et de Guangdong a été principalement transmis par ces deux personnes.‬ ‪Chan Chi-sun et Lui Ying déménagèrent plus tard à Hong Kong, mais aucun d’entre eux n’accepta d’étudiant.‬ ‪Yip man vécut avec Kwok Fu au cours de la Seconde guerre sino-japonaise, et ne revint à Foshan qu’après la guerre, où il poursuivit sa carrière comme agent de police.‬

En 1949, à l’établissement de la République populaire de Chine par les communistes, Yip man âgé de 56 ans, craignant des représailles en raison de ses anciennes fonctions officielles dans l’armée nationale et la police, quitta définitivement Foshan. Il s’installa à Macao, puis à Hong Kong.‬

Vie à Hong Kong
‪‪Yip man est connu pour être un consommateur régulier d’opium, se fournissant au marché noir. Le coût de l’opium étais considéré comme élevé à cette époque, et Yip man avait besoin d’une source fiable de revenu à Hong Kong pour se payer et aider les membres de sa famille vivant encore à Foshan.‬ ‪Selon son ancien élève Duncan Leung, ce serait pour ces motifs que Yip man aurait ouvert une école d’arts martiaux à Hong Kong.‬ ‪Initialement, la rentabilité était médiocre, les étudiants de Yip man ne restant généralement que quelques mois. Il déménagea son école deux fois, à Hoi An Tan Street (海坛街) dans le quartier Sham Shui Po (en), puis à Lee Tat Street (利达街) dans le quartier Yau Ma Tei (en).‬ ‪À partir de cette période, certains de ses élèves avaient atteint la maîtrise du wing chun et commencèrent à ouvrir leur propre école.‬ ‪Les victoires de certains de ses élèves dans des combats de rue ou des confrontations martiales renforcèrent la réputation de l’enseignement de Yip man.‬ Le 24 août 1967, Yip man et certains de ses élèves établirent la Hong Kong Wing Chun Athletic Association (香港詠春拳體育會).‬

Mort et héritage
Yip man mourut le 2 décembre 1972, d’un cancer de la gorge, peut-être lié à son tabagisme.

‪Yip man laissa un énorme héritage pour le wing chun, qui s’étend maintenant à travers le monde et est devenu l’un des arts martiaux chinois les plus pratiqués.‬ ‪Certains de ses élèves les plus connus sont : Lun Gai, Gwok Fu, Leung Sheung (梁相), Lok Yiu (駱耀), Chu Shong-tin(徐尚田), Wong Shun Leung(黃淳樑), Wang Kiu(王喬), Yip Bo Ching (fils de Yip Man), Yip Hok-Chun (fils de Yip Man), William Cheung, Hawkins Cheung, Bruce Lee, Lo Man Kam (Neveu de Yip Man), Wong Long, Wong Chok, Law Bing, Lee Shing, Ho Kam-Ming, Moy Yat, Duncan Leung, Derek Fung (Fung Ping Bor), Chris Chan (陳成 Chan Shing), Victor Kan, Stanley Chan, Chow Tze Chuen, Tam Lai, Lee Che Kong, Leung Ting.

‪Yip man a également laissé derrière lui une histoire écrite de wing chun, dont l’exactitude historique est débattue.‬ ‪Il a filmé trois des cinq formes martiales du wing chun avant sa mort.‬ ‪De nombreux objets ayant appartenu à Yip man sont exposés au musée ‘Yip Man Tong’ de Foshan.

Lignée martiale

Article connexe : Branches du wing chun.
« 先祖嚴詠春氏,原籍廣東,少而聰穎,行動矯捷,磊落有丈夫氣,許字福建鹽商梁博儔。 — Yip Man»
« La fondatrice est Yim Wing-chun, native du Guangdong, qui était petite et perspicace, agile et vigoureuse, loyale et fidèle, qui avait pour fiancé Leung Bok-chau, un marchand de sel du Fujian. » (traduction libre)
Voici la lignée martiale de Yip Man, selon l’un de ses propres manuscrits Source de la branche wing chun (詠春拳派源流), texte non publié de son vivant, rédigé vers 1965-1966 comme introduction d’une future « Association de wing chun » :

Ng Mui, moniale Shaolin
Yim Wing-chun
Leung Bok-chau (梁博儔), mari de Yim Wing Chun
Leung Lan-kwai
Wong Wah-bo, qui apprit le bâton de Leung Yee-tei
Leung Yee-tei, qui ajouta la forme du bâton apprise de Wah-bo
Leung Jan
Chan Wah-shun
Yip Man, qui apprit également de Ng Chung-sok et Leung Bik (梁璧)
Anecdotes

Yip man établissait une relation amicale avec ses élèves, et n’a jamais permis qu’on l’appelle sifu (maître), comme le veut la tradition ; il se faisait appeler 問叔 (cantonais : man sok), « Oncle Man ».

MON PÈRE, IP MAN

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Le seul fils de Yip Man, instructeur légendaire du Wing Chun, Yip Chun, nous offre un témoignage touchant. Pour lui, le plus important est de mieux faire connaître aux gens la figure de son père, le grand expert qu’il était et l’homme qui se trouvait derrière. Le souhait de Yip Chun était de faire un sort définitif à beaucoup d’idées fausses courant sur Yip Man, souvent issues d’articles écrits par certains pratiquants de Wing Chun jaloux qui, un jour, s’étaient entraînés sous la direction de Bruce Lee … A l’heure où les médias du monde entier se font l’écho du grand maître Ip Man, il me paraissait important de refaire surgir cette interview de Yip Chun réalisée à Hong Kong  pour qu’il vous dise, avec ses mots, la vérité à propos de son père

 

Mon père, Yip Man, est mort il y a 24 ans, le premier décembre 1972. Depuis lors, de nombreux frères du Kung Fu ont écrit des articles sur lui et sur ses contributions à l’art du Wing Chun. Malheureusement, beaucoup de ces articles ont été négatifs et ont sous estimé les qualités de Yip Man.

Un nombre assez élevé de ces textes ont en revanche décrit de façon exagérée les qualités exceptionnelles  au combat du Kung Fu de Yip Man. Il s’agit là pour moi d’une sorte de louange hors de propos. Il faut bien considérer le fait que pendant les vingt-cinq dernières années de sa vie alors que Yip Man habitait à Hong Kong, il n’eut jamais à utiliser ses talents de combattant, essentiellement grâce à une maîtrise absolue de sa personne. Les histoires qui courent sur son adresse ne doivent être rattachées qu’au temps de sa jeunesse.

De même ; nous avons lu de nombreux articles sur Yip Man dont les auteurs exagèrent leurs liens d’amitié avec le maître, quelques-uns uns soutenant même avoir été les meilleurs élèves de Yip Man, ou bien ses élèves les plus proches, et que de ce fait, ils avaient appris d’une façon différente. Pire encore, certains élèves sont arrivés à affirmer avoir reçu des techniques secrètes ( du genre « technique de la main mortelle » ). Cela m’a causé du grand souci, et il est important pour moi de mettre au net cette situation.

En tout premier lieu, mon père était très sérieux en ce qui concernait son éthique professionnelle. Il traitait tous les élèves de la même façon, en essayant toujours de transmettre ses connaissances de la meilleure façon possible. Si les élèves travaillaient dur, alors ils devenaient des pratiquants performants.

En deuxième lieu, au Kung Fu, il n’existe pas de techniques « secrètes ». Celui qui parle de quelque chose qu’il nomme « technique secrète » n’a aucune idée de ce que le Kung Fu est vraiment. Quand Yip Man à commencé à enseigner le Wing Chun en 1950 à Hong Kong, il savait qu’il n’était pas seulement question d’être un excellent pratiquant de Kung Fu pour être un bon instructeur, mais qu’il était également important de savoir la façon de transmettre ses connaissances à ses élèves. Beaucoup d’instructeurs actuels perdent trop de temps à vanter leurs talents au lieu d’utiliser ce temps à améliorer leurs méthodes d’enseignement.

Bien que mon père n’ait jamais reçu de formation en règle en ce qui concerne le système d’apprentissage ou l’entraînement, il s’est vite rendu compte de l’importance d’offrir à l’élève un plan d’étude pour ces processus. Ce que Yip Man a fait en premier lorsqu’il a commencé à enseigner, fut de rejeter tous les termes compliqués liés à l’art et aux théories philosophiques qui le sous tendent ( les cinq éléments ). Il a changé le langage pour donner au système une forme d’expression plus moderne, de façon à rendre plus facile l’apprentissage à ses élèves. Yip Man a abandonné également l’utilisation de certaines formules, des termes anciens du système, il a interprété le sens de ces formules dans des exercices simples pratiques, accessibles d’emblée aux pratiquants, au lieu de se contenter de leur débiter des paroles fleuries et mystérieuses qui n’avaient pour eux aucune valeur.

Il est souvent dit que mon père modifia son Kung Fu. Moi-même j’ai souvent discuté avec lui à ce sujet. Il me disait : « Le Kung Fu, il vaut mieux qu’il soit le plus simple possible ». Pour que ses élèves  puissent apprendre systématiquement, Yip Man a effectivement arrangé certaines techniques. Néanmoins, il n’a jamais modifié les formes traditionnelles, il a juste écarté certaines techniques pour que les étudiants puissent saisir plus facilement les formes essentielles.

Yip Man savait que le Chi Sao constituait une part fondamentale de l’entraînement au Wing Chun. Le Chi Sao est l’intelligence du Wing Chun, c’est de cette pratique que provient clairement son caractère génial. Avec Yip Man, l’étudiant consacrait 90% de son temps à l’entraînement en Chi Sao. La méthode de Yip Man consistait à instruire chaque étudiant suivant sa personnalité, sa profession, son éducation, sa forme physique. Il étudiait chacun de ces aspects pour construire ensuite une méthode d’enseignement spécifique à l’élève. Yip possédait une habilité innée à l’observation et une excellente mémoire. Il n’avait besoin que de quinze minutes pour connaître un élève.

Une fois j’ai demandé à mon père s’il était important de  connaître les antécédents professionnels et éducatifs d’un élève. Il m’a répondu : « C’est très important. Si, par exemple, je dois apprendre à un élève qui est coiffeur, ce qui sera difficile, dans son cas, ce sera de lui apprendre à maintenir les coudes vers l’intérieur. Voilà pourquoi il faut disposer d’une méthode d’entraînement différente, ou trouver des techniques différentes qui parviennent à équilibrer les limites de chaque étudiant. D’autre part, si ton étudiant exerce une activité exigeante physiquement ou bien s’il a appris un style de Kung Fu dur, alors il te faudra lui apprendre à se détendre et à être plus patient avec lui-même. Quand tu as affaire à un étudiant ayant reçu une bonne éducation, il suffit de lui dire que la distance la plus courte entre deux personnes est celle de la ligne droite qui les relie ; il comprend sans aucun problème, mais quand tu enseignes quelqu’un qui n’a pas étudié auparavant il sera nécessaire de l’instruire par des exemples très pratiques. »

Mon père avait reçu une éducation supérieure, et, adulte, il a lu de nombreux ouvrages qui lui ont fourni des idées nouvelles pour développer ses connaissances générales. Il a su adapter ses connaissances à ses méthodes d’enseignement. Je me souviens d’avoir vu mon père apprendre aux gens à maîtriser leurs émotions, à comprendre leur système nerveux, et à identifier leurs anxiétés. De la même façon, il apprenait aux gens à tirer profit de leur énergie grâce à des explications complexes sur la structure osseuse et certaines théories physiques. J’admirais beaucoup mon père, qui était né à la fin du XIXéme siècle, non seulement à cause de ses vastes connaissances scientifiques modernes, mais aussi pour son habileté à les appliquer à son système d’enseignement du Kung Fu, de façon que tout le monde puisse comprendre.

Yip Man étayip_manit quelqu’un de très réaliste, tout ce qu’il enseignait devait avoir une explication et s’accompagner d’une démonstration efficace. Il n’a jamais exagéré une technique. Il a toujours utilisé des exemples pratiques pour enseigner à ses élèves. S’il enseignait la position du Wu Sao, il ne disait pas à l’élève de placer sa main d’une certaine façon, ou à une hauteur déterminée, mais il lui apprenait à comprendre le sens de son utilisation dans le Chi Sao à travers l’expérience de l’élève lui-même, dans des postures différentes, de façon à se qu’il puisse en déduire la position correcte.

Mon père disait souvent :  « L’être humain doit utiliser le Kung Fu, il ne doit jamais être utilisé par le Kung Fu ». Il voulait dire que nous devons pratiquer d’une façon libre, souple, sans limite dans la façon d’utiliser les techniques.

Je me souviens d’une fois où Sifu Lok Yiu et Sifu Wong Shun Leung discutait sur la façon correcte d’utiliser une certaine technique. Ils se sont rendu tous les deux chez mon père pour lui demander son avis. La technique en question était Tan Sao dans la troisième partie de la forme Sil Lim Tao. Sifu Wong Shun Leung disait que le Tan Sao devait commencer avec la paume retournée pour ensuite la pointer vers le haut. Par contre, Sifu Lok Yiu considérait qu’il devait commencer avec le poing sur le côté. Mon père leur répondit qu’ils avaient tout les deux raisons. Cela m’a beaucoup déconcerté car je croyais que le Kung Fu devait être pratiqué de façon précise. Comment était-il possible que les deux aient raison ? J’ai compris plus tard que du fait que le blocage Tan Sao est employé pour recevoir une attaque d’un coup de poing direct, il doit être exécuté dans un temps très court. Par conséquent, pour commencer le Tan Sao la main peut être située n’importe où à cet instant… Ils n’étaient pas liés par la forme, seulement par la vérité.

Il y a des milliers d’exemples illustrant la façon d’enseigner de mon père. J’espère que vous aurez mieux compris l’homme qu’il était et la méthodologie du maître de Wing Chun, Yip Man