Histoire

La Généalogie de l’école Wing Chun

UN UNIVERS AUX MILLE FACETTES

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Le Wing Chun, comme les autres domaines du savoir, à une histoire. Celle-ci reflète à la fois les bouleversements dans les représentations conceptuelles de l’art du combat et les progrès de l’instrumentation et des techniques, ainsi que l’émergence de l’évolution des théories physique, anatomique et physiologique.
Les arts martiaux ont un âge au moins égal à deux mille cinq cent ans, puisque l’on retrouve les premières traces d’un moine indien nommé Bodhidharma qui serait à l’origine de l’initiation de certains moines de Shaolin dans les vestiges laissés par les civilisations du troisième millénaire avant notre ère.


Repères historiques


Wing Chun : Le dernier chef d’oeuvre conçu à Shaolin

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La naissance d’une nouvelle stratégie

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La nonne Ng Mui et Yimwingchun


Yip Man et Bruce Lee : l’avénement d’une nouvelle vision du Wing Chun

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Un petit dragon nommé Bruce Lee

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Si l’on considère le travail accompli par un homme des années soixante tel que Bruce Lee, alors imaginons nous ce qu’il serait possible de faire aujourd’hui, et posons-nous la question de savoir quel fut l’apport des maîtres de la génération de Yip Man ? Jusqu’à quel points ces maîtres ont-ils pu faire évolué leur art dans la limite de leurs champs d’action ?

1960-1970, de nombreux disciples de Yip Man quittent la Chine pour l’occident. Voyageant aux confins d’un monde inconnu jusqu’à lors, ces hommes, vécurent les premières impressions de la rencontre des cultures. Adaptant leur philosophie, leur mode de vie et leurs méthodes d’enseignements à celle de la vie occidentale, ils en arrivèrent par voie de conséquences à des développements martiaux qui étaient différents de ceux d’origine.

D’autres maîtres tel que Moy Yat, William Cheung ou Bruce Lee se confrontèrent, a leur époque, aux techniques de la boxe anglaise, boxe thaïlandaise ou encore aux lutteurs. Ces constatations provoqueront chez ses maîtres une profonde remise en question qui déboucha vers une nouvelle conception martiale du Wing Chun. Il est de notoriété que la bibliothèque de Bruce Lee, à Hong Kong, avait la réputation de constituer la plus vaste collection de littérature sur les arts martiaux jamais amassé par un seul homme ; Bruce Lee s’adapta si bien aux techniques de combat occidental, les utilisant parfois même mieux que ces propres adversaire, qu’il représentait à lui seul l’archétype des pratiquants de Kung Fu d’une nouvelle génération. Poursuivant les travaux de son maître Yip Man, il opéra dans le courant des années 65/70, une nouvelle synthèse du Wing Chun, qu’il nomma Jeet Kune Do.

Beaucoup de gens on1098231_10151837643543760_2021670022_nt cherché à tort à comprendre l’essence du Wing Chun à travers la pratique du Jeet Kune Do. La logique aurait pourtant voulu qu’il fût beaucoup plus simple de suivre le chemin de Bruce Lee, et d’aboutir aux principes du Jeet Kune Do en commençant par une étude approfondi du Wing Chun. A ce sujet, rappelons qu’en ce qui concerne le Wing Chun, Bruce Lee l’appris, lui, avec un véritable spécialiste dans le domaine : Yip Man. Le terme de Jeet Kune Do, voie du poing qui intercepte, fut l’objet de nombreux débat ; c’est Bruce Lee lui-même qui choisi le nom du poing qui intercepte en hommage au principe premier de l’école Wing Chun, à savoir : le coup de poing vertical (Noy Moon Chuie); et de nous répéter sans cesse à propos du Jeet Kune Do : « ce n’est juste qu’un nom…», peu de gens ont compris cela et tergiverses encore sur la suprématie d’un art par rapport a un autre.

Jusque dans les années 1980, l’évolution du Wing Chun se fait à travers les disciples de Yip Man. Parmi ces élèves, Wong Shun Leung, Wong Kiu, Wong Chaok, Ng Chan, Lee Kam Sing (Hong Kong), Lo Man Kan (Taïwan), Cheung Cheuk Heng dit William Cheung (Australie), Lee Siao Lung « petit dragon » ou Bruce Lee (Etats-Unis), Mek Po, Yeung Hei, Moy Yat (Etats-Unis), Ho Kam Ming, et Leung Ting (Allemagne). En 1972, Yip Man donne ses derniers cours particuliers à Wong Chung Wah (Yat Oak Goi Tse), Wong Hei et Hong Jap Sum.

Aujourd’hui chaque branches du style a sa version propre, soit pour prouver son authenticité soit pour justifier du bien fondé de sa technique. Il est vraisemblable que chaque école, chaque style contiennent une part du système originel, agrémenté de l’interprétation de chacun de ses représentants.

Pour Didier Beddar qui fut l’un des précurseurs du Wing Chun en France la question de l’évolution souleva la réponse suivante :

« (…) Il existe aujourd’hui différent Wing Chun, et c’est bien comme ça! C’est ce qui assure la vie et la survie du système à travers les âges. Comme tout les arts (peinture, sculpture, danse, etc.), ils sont en constante évolution. Ce qui était contemporain aujourd’hui sera demain rétro. Le meilleur moyen d’apprendre à contrer les autres styles c’est d’étudier les nouveaux systèmes et d’une certaine manière nous pouvons dire que le Wing Chun enseigné aujourd’hui est plus efficace que le Wing Chun d’il y a 40 ans. Toutefois il faut faire attention : beaucoup de gens aujourd’hui veulent faire une synthèse mais il ne suffit pas d’être étudiant dans un style pour se permettre de créer. Si il y a une synthèse à faire, cela passe par un développement personnel… cela ne se fait pas en 15 jours ! Il faut non seulement avoir eu de bon guide, mais aussi prendre en compte le talent d’une personne, associé à une étude minimum de 15 à 20 ans de travail sérieux avant de penser à étendre le système, et cela n’est pas donné à tout le monde. L’évolution entraîne parfois quelques dérives navrantes, souvent dû à un manque d’expérience. On vit, entre autre, apparaître une nouvelle catégorie de professeur par exemple, qui, cédant plus que de raison à la logique du marché, en allèrent jusqu’à s’attribuer eux-mêmes leur ceinture de professeur… N’oublions donc pas l’adage et restons prudent dans le choix de nos maîtres : dix ans c’est bien, vingt ans c’est mieux !« 

didier beddar et stephane serror

Tradition et évolution

En conclusion, les arts martiaux ont-ils une évolution, ont-il une histoire ou au contraire sont-il immuable ? Tout le monde sait pourtant que les lois de la physique, qui s’applique aujourd’hui à nous même et à notre environnement immédiat, sont celles qui régissent le comportement de l’Univers dans son ensemble à toute époque. Tout est Un, disait le sage. En admettant que les observations nouvelles continueront de conforter ces images, il restera que les arts martiaux tout comme l’Univers lui-même, sont en constante évolution, qu’ils ne sont pas immuable et qu’ils subissent donc la flèche du temps.