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L’association Yim Wing Chun

Académie de Kung Fu Wing Chun Traditionel


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Le blog est essentiellement consacré aux activités de l’association Yim Wing Chun, les horaires des cours, l’annonce des stages, les nouvelles vidéos et tous évènements de la vie associative.
9
août

REPRISE des COURS – le 3 septembre 2014

RENTREE 2014 – le 3 SEPTEMBRE 2014 La reprise des entrainements se fera le 3 septembre 2014 a 19h00, ouverture de la salle a...

8
mai

Planning d’été 2014

Cette année les cours seront maintenus durant le mois de Juillet 2014 du 1er au 24 Juillet inclus les mardi et jeudi de 18h30...


Déroulement d’un cours de Wing Chun

« Ne prends pas les devants, laisse-toi attaquer. Au lieu de progresser d’un pouce, recule d’un pied. C’est là ce que l’on appelle, avancer sans bouger. Céder sans retrousser ses manches. Capturer l’ennemi sans jamais l’affronter… » Lao Tseu
La pratique des arts martiaux quel que soit le style est définie par les objectifs que l’on se fixe. En fonction des objectifs à atteindre, l’investissement physique n’est pas le même.

Nos échauffements sont conçus pour répondre à toutes les demandes. Nous puisons dans le vaste ensemble d’exercices préparatoires qu’offrent des pratiques tel que le Yoga (Vinyasa, Ashtanga, Anusara ou Pranayama), le pilate, les exercices de renforcements musculaires, les méthodes de renforcement cardio-vasculaire, les principes de la remise en forme qui rétablissent le flux des énergies dans le corps et qui activent et favorisent la circulation sanguine.

Structure de la remise en forme

Les progrés dans la préparation physique s’accompagne toujours généralement d’une progression dans le domaine technique.

  • Les mouvements articulaires : tête, épaules, bras, poignets, hanche, bassin, genoux, chevilles. Fonctionnement des articulations et de la biomécanique. Les flexions, les extensions, les leviers, les axes, les appuis.
  • Les exercices cardio-vasculaire : le travail sur le contrôle du souffle et sur le rythme cardiaque pour dépasser les troubles d’ordre émotionnels ou nerveux. Le saut à la corde, la pratique des frappes sur pattes d’ours ou sac lourd, la course à pied, la natation, le cyclisme ou toute autre activité, ou (jeu) d’endurance et de résistance.
  • Les étirements, le stretching : le travail sur la prise de conscience de tous les muscles du corps. Leurs actions, leurs tensions, leurs rôles et leurs assouplissements. La prise de conscience que l’âge n’est pas une barrière insurmontable dés lors que l’on prend le temps et que l’on commence à respirer.
  • Le travail sur la respiration : pour l’assouplissement du corps, pour la concentration, pour dénouer les tensions émotionnelles et nerveuses.

 

L

a pratique des formes (tao) est une part essentielle de l’entrainement en Wing Chun. Originellement les formes furent conçue afin d’assurer la transmission des styles. Plus qu’un simple recueil de techniques, les formes véhiculent l’ensemble des principes d’action du style Wing Chun, les angles d’attaques et de défense, les méthodes de déplacements lors du combat. En Wing Chun toutes les techniques utilisées en combat proviennent directement des formes.

shil lim tao

 

La première forme en Wing Chun se nomme : Shil Lim Tao (petite idée). Elle nous enseigne la théorie du centre. A ce stade il s’agit d’utiliser les techniques conformément aux principes de la forme.

  • Un des premiers principes de cette forme consiste à garder son centre aussi bien dans l’attaque que dans la défense tout en prenant possession de celui de l’adversaire.
  • Le deuxième principe est lié à toute action réalisée : il consiste à créer un relâchement total dans l’exécution de chaque technique.
  • Le troisième principe consiste à exercer une poussée constante vers le centre en avançant la main ou en ramenant la main vers soi (wu sao).
  • Le quatrième principe consiste à dissocier l’énergie du bras droit et du bras gauche. Par exemple : la main gauche avance en position de Tan sao dans le relâchement le plus total (force yin) mais avec une poussée constante vers le centre. Pendant ce temps le poing droit est fermement maintenu (force yang) à hauteur de la poitrine.
  • Le cinquième principe consiste à exercer une poussée constante avec les jambes. Les muscles du bas du corps (à partir de la ceinture) ne sont pas relâchés, les fessiers, les cuisses, les mollets, les pieds poussent fermement dans le sol (force yang) dans la position neutre appelée Yee Jee Kim Yeung Ma (position de serrage de chèvre) ou Yang pressure stance, le caractère yang (yee jee) composant l’idéogramme chinois.

position du wing chun

Le compromis entre le doux et le dur est à la base de beaucoup de styles internes. Lors d’une technique donnée, nous obtenons une certaine efficacité. En réussissant à diminuer la force par un relâchement musculaire, nous augmentons notre efficacité initiale par l’utilisation  des structures tendineuses et l’alignement correct des structures osseuses. C’est ce que les chinois taoïstes entendent par le proverbe « diminuer pour augmenter » (yin-yang). Diminuer la force pour augmenter la vitesse, diminuer la force pour augmenter la précision. Lorsque l’on sait que la formule physique de la puissance inclue vitesse, masse et précision de la trajectoire, cela laisse rêveur! Lors de ce relâchement, le corps est plus libre de ses mouvements permettant ainsi à l’énergie de circuler plus facilement. Le pratiquant de Wing Chun évite de combattre force contre force, il utilisera donc de préférence des techniques lui permettant de dévier les attaques de son adversaire plutôt que de les bloquer.

La deuxième forme Chum Kil (faire le pont) nous enseigne l’art de se déplacer en trouvant l’angle d’attaque ou de défense idéal par rapport à l’adversaire.

Wing Chun

Il faut à ce stade utiliser les principes de Shil Lim Tao et les appliquer à Chum Kil. Coordonner toutes techniques aux déplacements afin de trouver une plus grande puissance.
Considérons à présent l’attaque d’un adversaire: celui-ci utilisera son approche et sa technique pour vous toucher. Chum Kil enseigne au pratiquant de Wing Chun à maîtriser ses déplacements.  Mais aussi à analyser et exploiter les angles d’attaques choisis par son adversaire, afin d’apprendre à se positionner et se déplacer tout en réduisant les possibilités biomécaniques de celui-ci.

C’est pourquoi Chum Kil traite principalement de l’étude des angles, de façon à handicaper les choix tactiques de l’adversaire. Ainsi le pratiquant de Wing Chun expérimenté sait exactement quelles sont les possibilités d’attaques de son adversaire en fonction de son positionnement et de sa connaissance de la biomécanique. Une fois l’emplacement choisi, il s’agit à présent de développer toutes les techniques de défense et toutes les combinaisons d’enchaînements adaptées à cet angle.

Chum Kil traite aussi des techniques de coup de pied dans les phases de poursuite (voir les 5 étapes du combat) ou dans les phases d’interception. Coup de pied bas ventre, coup de pied d’arrêt donné avec le talon (coup de pied traversant), coup de pied combiné et coup de pied de côté dit « coup de pelle ».

La forme au mannequin de bois, 108 mouvements, 116 mouvements ?

Pour parfaire ce long travail d’analyse, les pratiquants de Wing Chun utilisent l’outil du système Wing Chun, le mannequin de bois ou mook jong . Celui-ci nous aide non seulement à analyser mais aussi à diffuser notre énergie vers le centre. La forme actuelle compte 108 exercices combinant techniques de déplacements, angles d’entrée et de sortie par rapport à l’adversaire, méthode de poussée ou de contact. Tout ce qui ne peut être inclue dans une forme à vide.

Garn sao - Pak sao

Originellement cette forme comptait plus de 280 mouvements! Ip man pris la décision de recomposer cette forme. En effet dans la tradition chinoise, les formes s’exécutaient à gauche, puis à droite, puis à nouveau à gauche. Durant sa période d’enseignement Ip man pris conscience que cette méthode d’enseignement était trop rigoureuse. Il supprima donc les répétitions et inclut des variations différentes à gauche et à droite. c’est la raison pour laquelle cette forme n’est pas symétrique à gauche et à droite.

Ip man diffusa aussi deux enseignements différents. L’un donna naissance au Wing Chun, l’autre au Ving Tsun. Il existe donc deux formes au mannequin de bois qui sont différentes mais dont la structure est similaire.

Troisième forme à mains nues, Bil Jee (l’art des frappes)

sifu didier beddarC’est la dernière phase, elle traite de tout ce qui concerne les attaques aux points vitaux, c’est à dire les frappes, les coups, en rapport avec la cible. Cette dernière étape demande une bonne maitrise des deux autres, à savoir un minimum de cinq années d’étude.

Bil Jee est par excellence la forme réservée aux élèves avancés. Elle combine différentes formes de coups de pieds mais aussi des techniques d’attaques avec les doigts ou les coudes. Une des traduction littéraires de Bil jee étaient « les doigts qui transpercent »! En effet l’art d’attaquer les points vitaux comprenaient l’art de transpercer avec les doigts. Cette pratique hautement déconseillée à pousser les maîtres contemporain à ne pas diffuser à la légère l’enseignement de cette forme et de ses applications. Et on peut le comprendre. Au niveau des distances, Bil Jee traite de la distance la plus proche utiliser en Wing Chun. Le corps à corps. C’est-à-dire la distance des coudes et des genoux.

Le Wing Chun étant un style de percussions, il n’existait pas à l’origine de technique de combat au sol dans cette méthode.

O n se pose souvent la question : combien de temps me faut-il pour être efficace ? La question du temps n’est pas essentielle. L’art martial est surtout une manière d’être et donc ne se limite pas dans le temps. Il donne des moyens d’aller plus loin à la découverte de soi-même.

A partir de ce point de contrôle de soi, nous pouvons obtenir le contrôle de l’adversaire lors d’une agression ou d’un combat. Lors d’une agression, différentes émotions surgissent et entravent l’efficacité du combattant. Le Wing Chun met à disposition différentes sources de travail permettant l’harmonisation du corps et de l’esprit.

Équilibre, coordination du corps, harmonie du mouvement, précision technique, réflexe, développement des énergies (interne, externe), sensation, timing. C’est en réunissant tous ces éléments que nous abordons le combat.

Le déroulement d’un cours

L’entrainement commence par une préparation physique du corps. Exercices cardio-vasculaire, stretching, posturages, gainages durant une vingtaine de minutes.

Passez ce point le corps et l’esprit peuvent aborder plus librement le travail technique. Le programme de première année se concentre alors sur les aspects suivants :

  • Apprentissage de la premiere forme, Shil Lim Tao durant une dizaine de minutes a chaque cours
  • Puis techniques de déplacement, d’interceptions de coups de poings, de coups de pieds a vide durant une dizaine de minutes
  • Applications techniques avec un partenaire 45 a 50 minutes

Programme technique de première année 

  • shil lim tao complete
  • position neutre, de face, de coté, T
  • technique de déplacement (demi pas, pas complet, demi pas de coté, changement de coté)
  • mouvements de bases des bras, position de garde
  • self défense contre les saisies parallele et croisée 
  • technique d’interception (pak sao, tan sao, bil sao, garn sao, wu sao, bon sao, jut sao) contre un ou deux coups de poings
  • technique d’interception contre les coups de pieds directs et circulaires
  • contact-réflexe, situation parallèle et croisée
  • système réflexe contre un coup de poing au choix
  • chi sao (mains collantes) simple bras
  • chi sao (mains collantes) double bras, rotation et changements
  • 30 exercices au mannequin de bois

La stratégie du combat en Wing Chun.

Le combat qu’il soit Wing Chun ou autres présente cinq étapes : l’avant-contact (l’observation) et l’approche (l’entrée), le contact, l’échange, la retraite et la poursuiteImage 14

 1. L’avant contact et l’approche : l’avant contact est défini par un cercle appelé, le cercle du combat. Les combattants sont séparés de telle sorte qu’ils ne peuvent s’atteindre ni avec les poings, ni avec les jambes. Toute personne qui attaque, entre dans ce cercle de combat, donc se déplace pour obtenir une distance de contact. A cette distance l’observation et la mobilité sont les facteurs les plus importants. Le pratiquant de Wing Chun observe le genou le plus proche, car toute approche à travers un déplacements sera détectée par un mouvement du genou.

L’étape  de l’approche est la plus difficile à gérer. Elle se situe entre l’avant contact et le contact, aussi faut-il avoir un travail de déplacement important et précis pour déjouer ou intercepter un combattant expérimenté. Il s’agit lors de cette approche, d’agir avec rapidité pour couper cette distance, et, de ce fait empêcher l’adversaire de structurer son attaque. La technique d’entrée en Wing Chun à été spécialement conçue pour l’approche.  Le pratiquant commence son mouvement d’entrée en remontant son genou en protection, de façon à protéger la partie moyenne et inférieure du corps.

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Pour la partie supérieure, il place ses bras en position de Bil Sao, occupant l’axe central, de sorte que l’adversaire est amené à travailler à l’extérieur de cet axe. C’est au cours de l’approche qu’intervient le travail réflexe de la vue. Le pratiquant doit développer sa rapidité visuelle pour aller d’un point à un autre, de façon à intercepter les coups de son adversaire.Le Wing Chun propose des exercices pour développer ou améliorer la vue, ou bien des exercices pour empêcher les yeux de cligner lorsqu’un coup de poing arrive au visage.

2. Le contact : a lieu au moment où une partie du corps touche votre adversaire. Le pratiquant se sert de ces contacts pour définir les distances. A la limite du cercle de combat, seule la jambe peut prendre le contact, sans pour autant entrer en contact avec la cible principale (tête, corps).

Là encore, le pratiquant, pour ne pas être surpris par le premier contact, observe le genou de son adversaire, pour définir la trajectoire du coup de pied, dans une position dite de côté ou de face. Le contact de votre poignet avec celui de votre adversaire définit une autre distance. Celle-ci est devenue favorable pour les jambes. A ce stade, le pratiquant de Wing Chun passe en position de face, en utilisant le principe de la ligne centrale.

Sparring 

Le corps doit être légèrement tourné de côté, de façon à minimiser la cible pour l’adversaire. A une distance aussi courte, nous faisons appel aussi bien à l’observation visuelle qu’au contact réflexe, pour détecter les agissements de notre adversaire, pouvant provenir aussi bien de ses bras que de ses jambes. Le contact réflexe est le temps de réaction entre le contact lors de la parade ou l’interception de l’adversaire et la rupture de ce contact au moment de la contre-attaque.

Le Wing Chun comporte plusieurs exercices pour développer ces réflexes pendant le contact. Un de ces exercices est le Chi Sao.Technique d'entrée

Le Chi Sao expliqué par Bruce Lee.

Bruce Lee, qui fut un fervent défenseur des principes du Wing Chun, en donne une des meilleures interprétations :

«  J’ai considéré le Chi Sao comme un entraînement psychophysique, canalisant ce que j’appelle un flot d’énergie constant. Ce terme de flot constant est une aide précieuse quant à l’efficacité et l’application de cette technique, mais contredit les théories de l’existence de quelque pouvoir interne et mystérieux, théories que les autres instructeurs aimaient faire croire à leur élèves. Pour illustrer ce terme de flot d’énergie, imaginons que « A » possède un courant d’eau blanche qui jaillit de son bras, tandis que « B », il s’agit d’un courant noir qui jaillit pour se fondre au courant de « A ». Tant que le flot s’écoule de façon constante, entre A et B, les courants ne s’interpénètreront pas.

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 Avec ce flot d’énergie, les mouvements apparemment physiques, sont imprégné de qualités psychologiques. Si quelqu’un presse le bras d’un individu qui possède ce flot, il ressentira immédiatement un flux le pénétrer. Ce n’est pas tant une sensation d’opposition, de secousse, qu’une pression sur un ressort puissant. Le bras est plein et résistant, presque vivant, avec une sensation de direction et de régularité : en un mot ce qu’on demande à une main. Si le courant noir cessait de couler, ne serait-ce qu’un instant, le blanc pourrait réussir sa pénétration. On peut comparer le flot d’énergie à l’eau qui remplit toutes les cavités possibles, de la manière la plus efficace.  Dans le Wing Chun, le Chi Sao se pratique d’une ou des deux mains. En enroulant leurs mains, en harmonie ou au contraire en opposition, les pratiquants cultivent leur flot d’énergie. Il s’agit, pour chacun d’eux, de garder un flot constant et de combler toutes les brèches à chaque enroulement. A mesure qu’ils s’entraînent, leur énergie se raffine et les ouvertures sont de moins en moins nombreuses.

Apprendre le Chi Sao requiert un instructeur qui guide son étudiant pas à pas et l’alimente du juste flot, comme un générateur qui alimente une batterie. Dans les mains d’un novice, le Chi Sao peut tourner au match en force, à la lutte : en haut, en bas, à gauche, à droite. Une telle pratique gênera  la compréhension, mais sera, de plus, immédiatement contrée par un opposant dur. Une énergie qui coule correctement entre vos mains est comme l’eau qui coule dans un tuyau. Si on ouvre l’eau et qu’on la coupe, le tuyau sautera brutalement. » 

 Tactique et utilité du Chi Sao.

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Le coude est le centre inamovible ( pas dans le sens d’immobile ) qui ne change pas, tandis que les avants-bras et les mains se plient et s’adaptent aux changements. Ainsi, les mains en Chi Sao doivent être douces sans être molles, fermes et fortes sans être dures ni raides. En offensive, le Chi Sao utilise surtout l’énergie directe et en avant. En défense, il fait usage des arcs déviés aussi bien que des coups droits et pénétrants. Le pratiquant du Wing Chun va au cœur du mouvement, laissant son adversaire tourner à la circonférence. Il apprend aussi à envisager le mouvement de son adversaire avec plus d’économie, à savoir en ne réagissant pas plus que nécessaire, mais en allant droit du centre à la périphérie ou (juste assez) de l’extérieur à l’intérieur, sa ligne du centre étant bien gardée par son coude. Le Chi Sao, surtout muni du flot d’énergie, apporte sa contribution à l’entraînement général des artistes martiaux. Il ne faudrait cependant pas le considérer comme un but en soi, mais comme moyen de parvenir au but. Certains pratiquants regardent à tort le Chi Sao comme méthode de lutte, ce qu’il n’est pas. C’est plus justement une méthode d’entraînement, un guide dans l’apprentissage d’un style particulier ; il peut être utile pour positionner correctement les mains, pour étudier les lignes et les angles économiques, et, surtout, il permet de cultiver le sentiment du flot constant d’énergie. »

Bruce lee

3. l’échange. Cette étape se déroule généralement très rapidement. C’est en utilisant notre observation visuelle et notre relation de contact développée grâce au Chi Sao, que nous pouvons réagir à une telle situation. La notion de rapidité n’est pas le facteur majeur lors de l’échange. Les pratiquants en général, essaient avant tout de réagir très rapidement, pour ne pas être touchés, ceci au détriment des moyens.

Wing Chun sparring

Le pratiquant de Wing Chun utilise le point de contact, ce qui lui permet de sentir les intentions et les mouvements de l’adversaire. Imaginez un pêcheur jetant sa ligne dans l’eau, il ne peut pas voir s’il y a un poisson au bout. Quand le poisson mord l’hameçon, une vibration est émise et parcours toute la ligne jusqu’à la main du pêcheur, alors, instantanément, le pêcheur détecte sa prise. De la même façon, le pratiquant essaie d’interrompre le prochain mouvement de son adversaire à partir de la vibration émise au contact. Comme disait si bien Jean de la Fontaine : « Rien ne sert de courir, il faut partir à point » . Un bon placement peut faciliter l’échange. Ce placement de notre corps par rapport à notre adversaire constitue une partie de la tactique, il peut annuler 50% des possibilités de l’adversaire. Cet emplacement est appelé le « côté aveugle » ( ou côté fermé).

4. La retraite : cette étape survient lors de l’échange, si notre position ne nous est pas favorable. Nous utilisons la retraite pour restructurer notre défense ou notre attaque. Un pratiquant préférera éviter toute situation difficile plutôt que de se confronter directement et frontalement à la force de l’adversaire. Il existe un proverbe que les pratiquants de Kung Fu et Ip Man en particulier aimait utiliser, il dit ceci :  » Il faut savoir se courber sous le vent ». Un pratiquant de Wing Chun utilisera de large déplacements en position cavalière et couvrira sa défense avec des mouvements de Fut sao (bras balancé) et de Bil sao (bras lancé), tel que démontré dans la troisième forme, Bil Jee. Une fois en sécurité, ayant laissé s’épuiser son adversaire dans une attaque vaine contre le vent, il pourra plus aisément trouver et franchir à nouveau un pont vers l’attaque.

Kung Fu sparring

5. La poursuite : Cette étape intervient lorsque notre adversaire utilise une retraite. En effet l’art de poursuivre un adversaire est important. Dans une position d’avantage le pratiquant de Wing Chun ne doit pas laisser filer sa chance. Il faut coller à l’adversaire comme une ombre ou plutôt comme l’eau s’infiltrant dans le vaste espace laissé par lui. si le timing de la poursuite laissait à l’adversaire le temps de respirer. Celui-ci pourrait alors se restructurer et tenter une nouvelle offensive ou prendre à son tour avantage de la situation.

L’efficacité du combat intervient lorsque le pratiquant obtient une maîtrise de sa technique, ce qui libère ses mouvements de toute contrainte. Réfléchir à une situation en se demandant ce qui est juste ou faux est déjà trop tard. Il faut faire intuitivement ce qui est correct.

L’ attitude du combattant

BRUCE_LEE_AUTOGRAPH

Une fois que vous serez au point sur le plan physique et technique, que vous aurez exploré au mieux le champ de vos possibilités et que vous l’aurez exploité à son maximum, l’essentiel de vôtre travail sur vous même consistera à vous forger au feu du combat, à vous obliger aux expériences difficiles pour le corps et l’esprit et à en tirer une leçon générale sur l’attitude à adopter dans les confrontations.

Ceci est la deuxième étapes de vôtre évolution dans la voie martiale, mais encore une fois, elle n’est pas dissociable de toutes les autres : vôtre progression doit s’envisager dans la globalité. D’ailleurs chaque élément retentit sur les autres et il est bien rare de constater qu’une évolution physique par exemple, n’est pas aussi un effet technique et mental.

Simplement vous devez privilégier à certains moments certaines choses et il est absolument nécessaire de passer par une phase d’aguerrissement de vous-mêmes. Cette force restera en vous, même quand vous aurez renoncé à un entraînement acharné ou aux combats violents et votre esprit aura changé autant que votre corps. La force du corps rend l’esprit plus fort, la force de l’esprit rend le corps plus fort.

L’état que vous devez obtenir est une forme de cohésion intérieure, un accord avec vous-même qui élimine les doutes et le manque de confiance. Cherchez à retrouvez ce que vous êtes vraiment, à utiliser votre potentiel sans qu’il soit masqué ou affaibli par des troubles d’ordre physique ou psychologique, l’un influençant l’autre : nausée, angoisse, faiblesse, crainte, perte d’assurance …le tout fonctionnant en spirale sans fin, le corps affaiblissant l’esprit qui affaiblit le corps. Pour cela, il faut faire un maximum d’expérience, et en tirer parti. La compétition est un bon moyen d’apprendre à gérer les réactions intérieures, à dépasser les objectifs immédiats et artificiels pour se concentrer sur ce qui en vaut la peine : l’amélioration de soi. Mais ça n’est pas le seul. Les voyages, le travail, les rencontres, tout ce qui vous sollicite régulièrement, tout ce qui peut vous poser un problème, est lui aussi facteur de progression.

Dans la confrontation, trouvez cette attitude souple et tonique à la fois qui favorise l’expression du corps, la concentration, les déplacements d’énergie. N’abordez pas les instants importants dans un état de tension physique et psychique, avec une sorte de bouleversement intérieur qui vous tient si l’on peut dire « hors de vous ». Certains compétiteurs cultivent cette sensation qu’ils rendent positive, pour être plus fort, plus volontaire, plus efficace. Les plus grands pourtant combattent dans le calme et la lucidité et ce sont eux qui ont la plus longue carrière. A terme, on s’aperçoit que ce sentiment est destructeur et qu’il ne contribue pas vraiment à l’amélioration profonde de celui qui suit la voie martiale. De plus cette tension entraîne une débauche d’énergie que seul un homme jeune peut assumer et encore, généralement dans le cadre étroit des règles de la compétition sportive.

En revanche, la nonchalance est exclue dans les Arts Martiaux. Soyez toujours entièrement impliqué dans l’instant présent, engagez-vous totalement. Il n’y a pas de demi-mesure, même à l’entraînement. Vous devez combattre sur un rythme élevé et être toujours prêt à hausser votre effort. Un compétiteur en bonne forme, puisant dans cette réserve d ‘énergie latente qu’on appelle le « second souffle », n’a pour ainsi dire aucune limite de résistance. En fait l’essentiel est dans l’esprit et vous avez effectué un grand pas quand vous l’avez compris.

Un combattant de haut niveau est capable de performances physiques supérieures simplement parce qu’il l’a décidé et que son corps est habitué à suivre la direction de son esprit. Quand nous évoluons dans cette voie nous sommes rapidement étonnés de l’immensité des réserves que nous possédons sans le savoir : nous ignorons des douleurs et des fatigues qui nous auraient arrêtés auparavant, nous travaillons sans sourciller à des rythmes qui nous auraient fait frémir, nous acceptons sans inquiétude l’idée de la confrontation. Il n’y a qu’un seul chemin pour cela, il passe par une pratique sincère et extrêmement régulière, le respect de vous même et de votre corps – travail physique et hygiène de vie – , l’acceptation permanente et joyeuse de l’épreuve.

Avant toute chose posez-vous la question : si vous n’aimez pas vraiment ça il est peu probable que vous alliez très loin dans cette voie. Bien sûr il faut savoir accepter l’idée de ne plus être un athlète à certains âges de la vie et commencer à apprendre l’économie de cette énergie précieuse. Mais cela a peu d’importance, si le travail a été fait en son temps, l’esprit ne vieillit pas et il reste assez de cette force intérieure et extérieure pour agir au bon moment, surtout si le corps est toujours entretenu. Alors vous travaillerez sur un rythme naturel, privilégiant les mouvements simples, le placement du corps, réduisant à de très courts instants, mais généralement décisifs, les phases de dépense énergétique maximum. Peu à peu l ‘esprit prend le dessus, la vigilance est parfaite, le regard capte la moindre faille et l’énergie, mobilisée en un instant, s’engouffre. La technique est dominée au point que les détails n’ont plus d’importance et qu’il ne reste que les principes purs.

Bruce Lee